06/02/2017

"Les transparences du quotidien " recueil de poèmes de Jean-Marc Theytaz 2017

Je m'en vais

Astre solaire en expansion

ondes chaudes et vibrantes

sur l'étang mauve

le cœur bat

les veines se gonflent

le cou se tend

noisetiers nus

dans l'hiver beige

le temps s'en vient

le temps s'en va

la campagne

rythme la saison vive

je m'en vais

lentement

à reculons

 

Mort du fennec

Le grand duc du désert

rase de son vol furtif

le sable chaud

son œil hypnotique

à l'iris orange

a immobilisé le fennec

la mort est toute proche

entre les griffes acérées du rapace

 

Hiver

Saison de la lucidité

de la dénudation et de la présence

Lieu vierge distance et temps 

Terres de papier vergé

de la conscience pleine

et d'os blanchis

L'hiver m'habille

tout de lin blanc

Silence de glace

Le silence de cristal

près de l'herbe vagabonde

l'eau du canal et ses calottes de verre

ont immobilisé la lumière

je regarde le soleil

se briser en miettes légères

dans la plaine balayée

par les congères matinales

 

Regard de froidure à Sofleu

Sur la branche fragile

un bec croisé des sapins

sur le sol des cônes éparpillés

le froid a saisi la forêt

dans mon corps

les tremblements infimes

de ton regard

 

Jour blanc

Les flocons légers

sur les branches de noisetiers

fleurs vierges de cerisiers

en suspension

Une écriture de transparence

qui me prend à la gorge

les corneilles cisaillent le ciel

je rentre à la maison

 

Plain chant

Hautes pentes venteuses

soleil de jasmin aux coulées de miel

je vois des liserés de fougères blanches

qui volent dans le ciel 

flexions d'azur dans ma tête étourdie

l'heure est de limaille et d'ondes labiles

mon regard s'appuie sur les herbes folles

qui dansent

dans les prairies aériennes

plain chant

au cœur de l'aube naissante

 

Procession

Le chien court sur la berge du fleuve

la chouette effraie plonge sur les vers

chenilles et campagnols cachés

dans le tapis de feuilles mortes

le jour a tourné sur la couronne des aulnes

La lumière filtre dans les branchages

fuyants et broussailleux

la procession des âmes

défile silencieuse

dans le crépuscule orangé

 

Froidure à Bramois

Les rideaux nocturnes

se sont retirés

le froid acide a immobilisé

le ruisseau devenu silence bleu

mes pas dans le pré de givre

sont des fleurs de verre

des îles matinées d'étoiles fragiles

prière d'azur déposée

au centre d'un matin de froidure

 

Les brebis de Bramois

Le bâton noueux dans sa main calleuse

le Berger au centre de la plaine brumeuse

rassemble ses brebis laineuses

L'hiver et ses étoiles de givre

poudroient les frênes solitaires

errent dans l'immensité de l'aube

chants et murmures du canal

l'eau et ses lumières vertes

emplissent

mon coeur

 

Les Mosses à l'an nouveau

Les moineaux pépient

dans les bosquets 

et les taillis brûlés

la saison souffle

des embruns

chargés de marjolaine

et de sapin frais

le sentier est couvert

de glace vive

Noēl vert

le ciel et les prairies d'herbe rase

se joignent

à l'horizon de ton regard

le temps est vitrail

de vive transparence

 

Crépuscule d'or

Les feuilles d'or

sur la montagne blanche

le soleil descend

derrière l'arête

le vent s'est niché

dans la corniche faconnée

par le crépuscule

les abeilles ont regagné

leurs ruches colorées

 

Espérance de Noël

La valériane dans tes mains douces et fragiles

le mauve de la bruyère au milieu des éboulis

le monde s'agrandit

le pin crochet et le pin couché

font se rejoindre les horizons

l'arolle centenaire

prie à voix basse

le lagopède dans les embruns neigeux

de la combe solitaire

murmure des serments passés

des chansons d'antan

l'hiver tarde à venir

les herbes rases dansent dans le soir

Noël est passé discrètement

l'espérance est profonde

qui nous offre la rédemption

l'éternité dans la lueur d'une lampe à pétrole

 

 

Oiseaux et vertes prairies

Le verdier et le chardonneret

dans les buissons sauvages

le tarié des aulnes et la fauvette

qui retournent le sol humide

l'épervier qui creuse le ciel de zinc

de chutes profondes

les oiseaux habitent l'univers

d'une présence florale

leurs chants emplissent le temps

de vertes prairies

 

 

Ames invisibles

Les feuillées de lumières blanches

sur le fleuve lent

l'ouverture du jour

à l'horizon plein

le vent s'est couché

sous les tilleuls 

au milieu des ombres vives

il enlace les souvenirs 

et les âmes invisibles

 

Ciel d'anémones près de Sifnos

La plage déserte

la mer et ses murmures étales

le soleil de feutre

les goélands qui glissent

sur l'horizon blanc

les falaises écrivent

notre verticalité

sur le ciel d'anémones

Silence félin

 

Endormissement du village

Le vent du soir court dans les ruelles

le village s'endort

lentement

l'obscurité gagne les toitures

encore brillantes de givre étoilé

le chat s'est engouffré entre la porte

de l'écurie et la vieille grange

le froid s'arrime aux poches

des bâtisses silencieuses

se promener dans les cosses

sentir l'odeur du foin sec et bien tassé

remonter jusqu'au fond du hameau

sans bruit

l'heure avance

la lune s'est noyée dans les branches du prunier

la respiration se ralentit

le sommeil arrive comme une lueur

dans les vieux piles gagnés par le froid de décembre

 

Lac d'Annecy en décembre 2016

La brume bleutée

sur le miroir du lac tranquille

les sinusoïdes des montagnes

agrafées dans l'automne poudreux

les vagues de métal

dans le sillon du catamaran

qui fend la soie fragile

de cet instant de satin

la brise est légère

sur ton visage d'ange

comme au premiers temps du monde

dans les limbes d'une présence inespérée

Jour d'argile

Arbres à sureau

au bord du chemin

coccinelles dans les cheveux

aurore d'argent

sur la mer étale

le mistral court

dans les pins sauvages

le jour d'argile

prend forme

sous nos yeux

Saison novembrienne

la nappe de neige scintillante

sur la prairie matinale

les pas du chevreuil

dans le chemin boueux

le cœur de l'hirondelle

à même le blanc de tes yeux

frimas douloureux

dans les allées marbrées

de la saison novembrienne

 

Vers les grandes solitudes

Branchages feuilles sèches et brindilles

des nids de blanche clarté

dans les franges du sous-bois

les ailes éphémères du soleil

se délient sur la terre humide de novembre

les amants de l'automne

marchent

sereinement

vers les grandes solitudes

de l'hiver infini

 

Première neige

La plaine

immobile et infinie

sous la première neige

respiration lente du silence

chair blanche de ton corps

le vent du nord souffle

dans les peupliers

le fleuve s'est endormi

sous la glace des berges

 

Paupières closes de novembre

Les pommiers dénudés

couverts du givre de novembre

les chrysanthèmes qui se penchent

dans la bise flutée du matin

la pluie en larmes de cristal

sur la fontaine de granit ronde

les pierres mortes qui semblent revivre

sous nos pas trop lourds

la saison s'habille d'un ciel pommelé

la chair à vif le cœur saignant

l'âme repose

endormie sur les pétales

de tes paupières closes

 

Châtaigneraie au soir

Châtaigniers centenaires

corps sculptés aux mille visages

feuilles érodées

bogues plein les mains

L'automne sent bon

des parfums de fumée et d'humus

le soleil braisé

et le calme du crépuscule sont

venus très tôt ce soir

 

Écureuil furtif

La mésange charbonnière

dans les feuilles dorées du bouleau

zinzinule infatigablement

le soleil est de paille

les regains sont rentrés

la vie tourne sur son axe de lumière

à l'orée du bois

un écureuil s'est perdu

dans les noisetiers

 

La patience de l'artisan

Milan noir dans le ciel vierge

vannerie en osier

dans les mains de l'artisan

courbé sur son ouvrage

Le clocher sonne l'angélus

le temps file ses écharpes 

de laine dégraissée

il vente dans mon coeur

une douce brise tiède

 

Mélancolie de l'âme

Plages désertes et terrains vagues

tapis de feuilles rouillées

et troncs lacérés

la mélancolie a saisi

mon âme solitaire

le vent a posé ses ailes blanches

sur l'arête de granit

près des chocards 

à l'œil hagard

 

Aura à Sofleu

Le soleil de malachite

dans l'aura du mélèze

l'épine-vinette sur ma langue

la main de la saison 

façonne mon bonheur

 

Granges automnal

Les feuilles mortes volent

dans l'air chaud du foehn automnal

des moucherons bleus

s'agitent dans l'opalescence

du sous-bois

mon regard se pose

sur la surface lisse

des gouilles silencieuses

couleur d'améthyste

l'automne me parle

à voix basse

 

Berge lémanique

Fluidité soyeuse du lac

glissement léger des syllabes automnales

les feuilles du cognassier

écrivent des mélopées célestes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pensées à Finges

Les fragments de soleil

des abeilles sur la litière dorée

de la forêt de pins

finges et ses étangs d'émeraude

les senteurs fortes d'après la pluie

les écrins de la roseraie

fragiles et éphémères

nos pas dans le chemin mouillé

nos pensées et leurs ailes d'anges

 

Serments oubliés

La rouille des érables

la limpidité de la mousse humide

l'automne s'est installé

dans la forêt 

la saison balbutie

des serments oubliés

 

Broderie

Les pouillots

et les mésanges bleues

le vitrail des feuillages

dans tes yeux

fragment d'étoile

dans le ruisseau

Sur les lèvres du coteau

les neiges de mai

la chanson s'envole

claire et parfumée

 

Larme de miel

Le feu de broussailles

la lueur de la bruyère

la lande résineuse

dans le lointain

ĺ’automne

et ses vallées de braises

Le jour coule

comme larme de miel

 

Lauriers roses

Le chrysanthème

au bord du chemin

ĺoratoire et sa vierge blanche

le temps devient fluide et musical

la bise fouette les bouleaux

le fleuve déroule

ses tapis de lauriers roses

 

Enterrement du soleil

La lisière du bois

les aiguilles de mélèze

les mots émiettés

pour dire le vent du soir

marcher à pas lents

pour suivre l'enterrement

du soleil

 

Enterrement du soleil

La lisière du bois

les aiguilles de mélèze

les mots émiettés

pour dire le vent du soir

marcher à pas lents

pour suivre l'enterrement

du soleil

 

Estampe automnale

La mésange huppée

sur la branche du merisier

une écharpe de silence

sous la treille de glycine

le lait dans la casserole de fer blanc

qui laisse échapper de doux murmures

et puis le crépuscule qui habille

le chalet solitaire

une estampe

à l'orée de la forêt

souligne cette tendre après-midi de septembre

 

Agios Andreas

Le glissement des étoiles

La mer bouillonnante

le bruissement des genévriers

le vent couche les cyprès

sur l'acropole et son chemin de ronde

Sifnos me paraît infinie

dans sa lumineuse présence

 

Ruches à Sifnos

Miel de sauge et de thym

 calanques ourlées de sable blanc

goélands glissant sur hauteurs

de la roche grillagée

le temps est devenu pollen et nectar

 

Prophètelias

Le sentier monte

lentement

dans les pierrailles

maquis séché

par le soleil fauve

le corps transpire

l'âme s'épure

la chapelle

blanche de chaux

acceuille les offrandes des pélerins

la lumière des cierges

fend l'obscurité

L'esprit rejoint

les géométries

des murailles vagabondes

le jour s'évapore

comme encens magique

 

Longue nuit à Sifnos

Passage du vent dans les tamaris

reflets argentés de la mer

dans tes yeux mouvants

promenades ombragées 

sous les pins sylvestres

plans d'eau miroitants

canotiers et batignoles

le s rêves prennent forme

dans la nuit sauvage

il m'est loin

d'ici à demain

Les monastères

 blancs ont pris place

près de la crique

le meltem enroule

mes psaumes d'un soir

 

Prière blanche

Allée de verts oliviers

mer d'acajou

soleil d'écorce vive

le vent décoiffe

les collines 

s'accélère dans les fractures des falaises blanches

les lauriers roses

dansent sur le brûlant horizon

je te regarde partir

 

Pyrgos de marbre

Frises de marbre

la mer en nattes incandescentes

court jusqu'à rejoindre le ciel

et ses lauriers roses

Pyrgos ses frontons

et ses métopes de déesses antiques

raconte des histoires de pâtres

et de bergers grecs

le sentier bordé de murailles

nous conduit

jusqu'à hier 

ivre de lumières

et d'offrandes divines

 

Tinos île de vent

Roches basaltiques perdues

dans la solitude des dolines

vignes abandonnées

courant sur la terre ocre

pierrailles chaudes

moutons et chèvres 

aux côtés saillantes

le vent flûte entre les herbes

de thym et de romarin

l'eau tressaille

comme essaim d'abeilles

sur l'infini

de la lumière blanche

je t'attends

près de la Vierge de Tinos

 

Myconos dans l'après-midi

La blancheur aveuglante

des maisons couvertes de chaux

la réverbération du ciel léger

sur les remuements des vagues

les bras ouverts des moulins

les ruelles serpentines et leurs visages secrets

les balcons ajourés

les chats maigres

qui attendent quelques arêtes de sardines

le vent fait battre les volets bleus

le temps s'est immobilisé

il s'est fait prendre

dans les pétales de rose

qui saignent sur les murs blancs

le port ouvre ses portes 

vers le délié des collines

dans le lointain

 

Automne en gestation

Le sorbier des oiseleurs

en marge de la forêt  vert bouteille

le brouillard d'automne

la fauvette et le bouvreuil

qui font silence

je regarde la saison

emplir ses écluses sauvages

et la brise tourner

sur la couronne des épicéas

 

Amour de miel

Le miel de tilleul

son goût de caramel

le pollen et le nectar du jasmin

je bois les essences

de cette après-midi tiède

lentement

en accord avec ton amour

 

Jardin intérieur

Les cèdres du liban

sur la pelouse humide du matin

les pins maritimes qui découpent

ĺ´horizon ouaté

le séquoia qui s'élève

comme prière d'encens

j´entends respirer

  • le jardin de ta demeure

Lumière divine à la gouille de Granges

La roseraie embrasée

le sentier solitaire

le vent y dépose

ses derniers rayons de vie

ton visage émeraude

capte une lumière divine

 

La Maretse Nendaz

Les cônes violacés

roulent sur la litière

le casse-noix moucheté

essaime les pommes de pin

dans la clairière

les vents furibonds

en haut de l'épaule pierreuse

annoncent l'explosion prochaine

des nuages chargés d'électricité

 

Point Omega

Les seilles pleines de raisin

les cuves en fermentation 

dans la nuit vineuse

l'ermite dit sa prière

dans sa grotte silencieuse

se retrouver au milieu de soi-même

près de l'âme transparente

du centre solaire

Le point omega

pour horizon

 

Place Fousquienne au crépuscule

Les criquets dans la nuit sombre

le renard roux 

qui traverse la prairie en fauche

ĺeau dormante du marécage

et les libellules qui frisent

les reflets lunaires

les ombres sont claires

et transparentes 

j'y dépose 

mes divagations futures

 

Carreau fêlé au mayen de sofleu

Carreau fêlé

la lumière de cendres bleues

derrière la fenêtre éveillée

laisse entrer le jour

en fermentation

les anges et les papillons

tracent dans le ciel

des vols oubliés

Envol de l'âme

Le sifflement du merle 

le pépiement des moineaux

Le jour et le crépuscule

se mêlent irrémédiablement

j´entends encore leurs chants

la nuit dépose ses ailes

à la frange de la clairière

mon âme s'envole 

discrètement

 

Passereau des prés

  • Le tarié surpris
  • dans les prairies en fauche
  • sa gorge orangée
  • dans le soleil naissant
  • les andains et leurs bris de lumière gris vert
  • le thermique soulève le foin
  • haut dans les airs
  • ć’est l'heure de donner à boire
  • aux vaches et aux moutons
  • de se reposer près de l'églantine

Vision au crépuscule

Silhouette noire

le sorbier découpe la nuit

dans l'éventail de ses branches

des cendres bleutées se sont déposées

dans le silence du ciel

j´y vois les visages de lumière

de ceux qui m'ont précédé

j´attends de les rejoindre

 

Faons apeurés à la place Fousquienne en août

Dans les sous-bois et les frises de la clairière

les traces des faons apeurés

elles s'effacent lentement

dans la brise naissante

les chiens de chasse traquent

les jeunes bêtes affolées

l'odeur de la mort prochaine

plane sous le soleil humide

la douleur saisit la gorge

du marcheur esseulé

 

Printemps à tes poignets

Les pétales des cerisiers

noyés dans les névés esseulés

les rives du jour

 comme bourgeons de sapin

le temps glisse lentement

dans les sillons

des prairies irisées

Les farios argentés

dans les cascades d'eau claire

La saison fleurit à tes poignets

transparents et fragiles

 

Mélèze à Siviez nendaz

Le jour de lève

chardon et anémone soufrée

sur les rives rouges

de l'écorce du mélèze

ś’écoule lentement

à voix basse

un temps de fragile communion

 

Chamonix espace et temps

Langue glaciaire

lèvres gercées

regard bleuté

la vallée vibre

dans la chaleur de juillet

le temps et ses mèches folles

posent des ailes de papillon

sur ma nostalgie

 

Gouille d'Ouché à nendaz

La mousse fragile

sur le bord du tronc

le lichen à l'orée 

de la clairière

l'eau verte et limoneuse

parmi les herbes acidulées

la gouille comme un œil ouvert

au milieu de l'après-midi

construit des cathédrales de lumière

 

Là-haut près de Combatzeline-Nendaz

Cueillir la fleur de sel

sur la surface du matin clair

se jeter dans les remuements

du blanc ruisseau

jeter les bourgeons de mélèze

au fond de la gorge

se loger dans le corps

des épicéas et  de l'alpe jaunie

aller voir les bêtes

derrière le lapei d du Greppon

le temps prend vie et poids

il se repose dans l'ombre des arolles millénaires

 

Hymne du matin blanc

Le pic mar rythme le coteau

de ses battements clairs

dans l'écorce des charmes

et des chênes

naissent des musiques de crypte

dans les rognures de ciel argenté

les coups d'ailes du faucon pèlerin

la tapisserie des vents  nomades

vibre de mille pulsations colorées

chante l'hymne de la résilience

au matin blanc

source vivante dans la mousse verte

 

Rhône à Finges

Végétation sauvage

sur les bords du Rhône

broussailles mêlées

pierres frappées par l'eau

et les vents nocturnes

lumières ancestrales et saisonnières

le fleuve défait ses histoires

ses corridors d'améthyste

ses paysages mouvants

des esprits flottent à sa surface

comme une vapeur de faïence

une vague d'eaux plissées

de galets polis par les respirations fluviales

je dépose ma prière à même

la berge de graviers

de sa dureté minérale

de ses plaies crevassées

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vertige plein au glacier Droit

Incandescence majeure

le glacier se retire

sous le soleil de juillet

le torrent respire fort

les linaires dansent

dans le vent  léger

de la tourbière

vapeur étrange

qui nous élève

sur les hauts

du perron graniteux

dans un vertige plein

sur le seuil de l'éternité

 

Silence lumineux

La brise de vallée

dans les merisiers fous

les sorbiers et leurs jaseurs boréaux

la fauvette à tête noire qui glisse

entre les branchages échevelés

le silence a un poids d'encens et de lumière

 

Voyage

Soleil blanc

vives eaux herbes folles

je voyage

avec les graminées légères

dans la brise du matin pur

 

Enluminure

Les martinets

en vol continu

tricotent des écharpes temporelles

le guêpier fragilise l'espace

danse dans la poussière du ciel

et toi

tu m'apparais dans le ciel d'étain

comme une enluminure d'or

un ange une broderie de soleils 

fous

 

Corbeaux noirs

L'œil de la chouette-effraie

le jour en haillons

il pleut des larmes de verre

dans ton cœur en fusion

les champs de blé d'or

accueillent la lumière divine

soleil et orage

les corbeaux noirs

tournent sur ma tête

 contraste saisissant

 

Averse matinale

L'œil de la chouette effraie

le jour en haillons

il pleut des larmes de verre

dans ton cœur en fusion

 

Solitude bleue

Sous l'ombre bleue

des noyers et des noisetiers

ton âme meurtrie

par la solitude des jours

le chemin vers l'ailleurs

śannonce long et poussiéreux

ouvert sur le soleil couchant

 

Rêve diurne

L'herbe ondulante 

dans l'eau verte du canal

le souffle chaud de la lumière solaire

les peupliers effilés

rêvent d'orgues magiques

je marche 

patiemment lentement

sur les marges du jour

Hirondelle à Sofleu Nendaz

Une hirondelle rustique

dans la frise de la grange

Son vol lissé quand elle gobe

les moucherons vagabonds

des lignes pures vierges

une écriture fine et secrète

un poème s'écrit en apnée

dans le ciel de gentianes écrasées

 

Nuit à Zofleux

Vols nocturnes

les chauves-souris

quadrillent l'espace silencieux

la brise de vallée mouille

ma nostalgie 

de souvenirs volubiles

je me relie au grand Tout

 

Espérance ultime

Rage fracas rumeur

le ruisseau transporte

mes respirations jusqu'a la mer

les lys et les pavots lancés sur l'eau

transportent mon mal de vivre

vers les espaces vierges

des horizons rougeoyants

et pourtant 

l'espérance n'est pas morte

 

Strangulation

Vol groupe des passereaux

sur les vignes du coteau

ĺ’après- midi s'étire

langoureuse dans mon coeur

sur le fleuve

les sombres vapeurs

de la mort vagabonde

la gorge est couleur corbeau

les mots etrangles

dans ma peau

 

Silence blanc

La brise légère 

sur la prairie matinale

la clairière ouverte

a la lumière zenithale

je regarde le jour deverser

ses vases de liqueur blanche

sur le silence de l'aube

 

Silence blanc

La brise légère 

sur la prairie matinale

la clairière ouverte

a la lumière zenithale

je regarde le jour deverser

ses vases de liqueur blanche

sur le silence de l'aube

 

Souvenirs printaniers

Les pétales des trolles et des primevères

leur lumière sur la prairie

qui respire et gonfle son ventre

dans le vent soyeux de l'après-midi

flammes dentelles  gouttes légères

qui  ruissellent

dans la fontaine de granit bleu

le temps s'est fait flanelle

je m'accroche aux lambeaux de ciel

qui habitent mes souvenirs printaniers

 

Jour de pluie

Fleurs de lune

pluie de verre

le jour gris

de nacre et de velours

emplit ma solitude

 

Priere et recueillement

La tramontane et ses musiques chamarrees

le fœhn secoue les vallées laterales

le soleil est d'or bruni

je prie les genoux flechis

sur le granit tiede

ĺ´esperance au bord des lèvres

 

Esperance a Picafort

Le vol blanc de la mouette

le silence des vagues

les herbes folles dans le sable

le vent emporte mes esperances

a l'infini des espaces sauvages

 

Dame noire au cap de Formentor

Vagues mineralisees

se jetant dans l'email du ciel

forets de pins en vadrouille

la mer et ses ecumes

au bas de la falaise blessee

le temps et ses concretions

d´agaves dans la crique ébouriffée

je marché à revers du soleil

sur des allées cosmique en attendant

la belle dame noire

 

Soller entre mer et monastere

Citron vert

silence au fond de la gorge

champs d'orangers

sang mauve et bruyant

La mer s'écrase contre les falaises

Je danse sur le volcan

de tes absences

 

Majorque Valdemossa en mai

Les oliviers silencieux

sur la colline embrasee

A l'horizon palma

Dans l'immobilité vesperale

la nuit lentement tombe sur les cypres

Les rives lunaires

me jettent dans la cosmogonie

des etoiles

je m'endors sur les berges

de tes rêves calmement

 

 

Aube magique

Tremblement frémissement murmure

la transparence de l'aube

sur le fleuve tranquille

la mort se mêle à la vie

la lumière me transperce

Subitement l'éclair d'éternité

 

Musique vespérale

Corbeilles de pétales fins

les cerisiers du Japon

rosissent la nuit lunaire

regards d'enfant

yeux de myosotis

paroles de porcelaine

le temps s'est accroché aux réverbères

Au milieu du parc silencieux

les cigales vont bientôt

débuter leur douce musique

cymbales pailletés

au centre de l'absence

 

Souvenirs

La rouille de l'aurore

dans l'écorce de l'arolle

les sillons de l'hiver solitaire

dans le bisse gelé 

les souvenirs emergent

sur l'écume des pres

couverts de jonquilles

 

Humble pèlerin

Le foudroiement de la lumière

brûle soudain tes paupières fragiles

les mousses humides brillent

dans la pénombre du sous-bois

l'éclair divin

a frappé l'humble pèlerin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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01/02/2017

Je m'en vais

Astre solaire en expansion

ondes chaudes et vibrantes

sur l'étang mauve

le cœur bat

les veines se gonflent

le cou se tend

noisetiers nus

dans l'hiver beige

le temps s'en vient

le temps s'en va

la campagne

rythme la saison vive

je m'en vais

lentement

à reculons

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28/01/2017

Mort du fennec

Le grand duc du désert

rase de son vol furtif

le sable chaud

son œil hypnotique

à l'iris orange

a immobilisé le fennec

la mort est toute proche

entre les griffes acérées du rapace

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