• Au bord du cimetière

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    Le tilleul dessine sur le gravier des branchages d'or
    les ramilles ombragées du cimetière parlent à voix basse
    la maison de la cure étale ses chapelets de prières
    j'écoute
    lentement
    la bise automnale
    qui ondule sur le tapis de feuilles
    les saules pleureurs
    murmurant
    comme encensoirs
    bouquets de chrysanthèmes
    au soir mourant

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  • Bisse de Clavoz

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    Murs de vigne accrochés au ciel,
    géométries brisées de vents et pierres chaudes,
    sur le bisse des liserons et des valérianes,
    le pas métronome du promeur de l’après-midi.

    Le regard suit la vallée du Rhône,
    plonge dans la poussière qui flotte au niveau des collines de Tourbillon ou
    du Chateau de la Soie,
    se laisse porter par les airs tièdes de septembre,
    des lumières filtrantes et rasantes qui découpent le relief.

    Les gens défilent, les propos volatiles se perdent dans les danses des choucas,
    tourbillons de rayons mielleux emplissant le berceau
    qui encorbelle le fleuve.

    Le temps s’émiette, poignée de micas lancés à même l’insondable,
    dans la violence des moments faibles du quotidien,
    ceux qui se révèlent indispensables à la survie.

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  • Paroles de vent

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    La patience du vent dans l’herbe jaunie, le rythme des vagues
    sur la berge endormie, la parole paysage au centre de mon être, et le
    souffle autour duquel je m’enroule, autour duquel je grimpe vers ce point
    blanc dans le ciel, ce souffle si fragile et si ténu, si fin et si puissant,
    qui navigue sur cette tension tremblante entre obscurité et clarté.

    Respirer profondément, chercher sous les gravats des pépites de givre et de lumière,
    des parcelles de toi, qui s’enflamment sous les braises orangées.

    Et puis cette terre noire au creux des mains et ses souvenirs, celle qui nous a vu
    naître et nous verra mourir, qui nous fera sienne, dans le coeur de ses
    volcans et des laves fuyantes, terre de feu, terre de sang, de contractions
    et de souffrances, de peurs enveloppées de cendres.

    Parole de vent, d’air et de transparence, parole de mica argenté, le soir se pose en moi, comme
    pollen sur l’humus.

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