20/05/2011

"Tsanpé" imaginaire (Savièse)

Il neige sur le printemps,
des muguets, des jonquilles, des narcisses,
des brassées de bruyères mauves d'un automne à venir,
il souffle sur la lande,
des ondées de mains blanches et fines
qui volent comme pétales transparents.
Des voix légères emplissent l'espace des vertes prairies,
sur les eaux lustrées de ce lac à mi-coteau des ridules captent les lumières fuyantes du zénith,
les marcheurs suivent les méandres du bisse,
 plongent dans les arcades formées par les noisetiers et les vernes ,
 l'humus étouffe nos pas,
le soleil filtre à traverrs les branches sur lesquelles naissent les feuilles printanières,
pas à pas redécouvrir le monde nouveau,
celui des constructions mentales,
 au-delà des immobilités et des solitudes hivernales,
 envelopper dans le regard les forêts sauvages
qui nous regardent, juste en dessous des alpages,
où il fait bon s'enivrer de senteurs de mélèzes,
de génévriers, d'épicéas,
 plonger les mains dans les lambeaux de lichens qui courent sur les écorces,
et puis écouter les prières,
le silence intérieur qui rejoint les vitraux d'un ciel fragmenté,
et se laisser glisser ,
 lentement, dans les eaux tièdes de l'après-midi solaire.

16:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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