24/08/2012

Fragile existence à Nendaz

 

Fragile existence

 

Le vent fou dans les cheveux verts des mélèzes, la clairière ouverte aux mille lumières, les pentes lustrées des alpages qui traversent les paysages silencieux de la montagne, leurs compositions magiques, les rivières polies par les eaux claires, la musique flutée du soleil blanc, les ailes transparentes des abeilles sur la colline fauve, le chant désespéré des bergeronnettes orphelines, la peur accrochée aux lambris de la pleine journée, les falaises d'où se jettent tous les errants et les vagabonds du bonheur, les sentiers serpentant le coteau et les vignobles géométriques, la berge déserte d'une écriture toujours recommencée, la vie s'accumule dans les parois d'une goutte de rosée, je te sens proche de moi, blottie dans la lueur d'une groseille matinale.

 

Procession à Chardonney

 

Sentier pascal , bordé de myosotis et de perce-neige, oraison primale dans l'incandescence des champs d'abricotiers, les cendres de nos pérégrinations s'envolent dans les paroles rares qui bordent nos silences, l'eau du ciel et ses résines d'améthyste guident nos regards, la brise murmure d'étranges prières, les processions ont abandonné des brassées de lys et de sapins vert foncé près des oratoires de Chardonney, recueillement et mains jointes, les gens du village célèbrent la Passion, la Résurrection à venir, celle des cœurs et de l'âme, au printemps naissant, dans la flamboyance des aubes fraîches. L'air est transparent, chargé d'ondes invisibles, ailes et mots bleutés qui rejoignent les arêtes effilées des Crêtes de Thyon, le jour est clair, nos corps et notre esprit le traversent comme une eau blanche, mêlée de pétales nacrés, la source glaciaire qui apaise la brûlure de nos souffrances

 

19:30 Publié dans Culture, poésie, Région | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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