24/08/2012

Textes de jmt pour le cahier de l'AVE 2012-2013

 

Promenade à la Maretse à Nendaz

 

Au bas des éboulis

la dryade et ses pétales blancs

la fraîcheur de la mousse

près de la gouille de limon

les pétasites et les herbes d'eau

depuis le bisse de Saxon

jusqu'à la Maretse

le sentier se raidit

il faut sillonner dans la forêt sauvage

entre les branches coupantes des épicéas morts

et la densité d'une sapinière hirsute

les chiens Luna et Caïnou repèrent pour nous

les passages noyés de lichen et d'humus

le souffle est court

sur le front

le long des bras

des perles de sueur

le coeur bat  fort

son rythme fait même bouger les fûts des épicéas

les écarte les éclaircit

le corps est imbibé de senteurs boisées

il faut monter toujours plus prêt

du pierrier endormi dans la torpeur du zénith

les pensées voguent dans le regard

puis lentement

comme des éclairs stridents

découpent le silence installé au centre de l'instant

une roche sédimentaire dans la mémoire de l'espace blanc

dans la clairière

en-dessous des blocs erratiques

des menhirs dressés vers le ciel de marbre

et la vasque végétale où viennent se baigner les cerfs et les chevreuils

et puis soudain à la lisière des mélèzes et des arolles parfumés

le pierrier endormi

d'argent et de lueurs divines

ascension méditation purification

monter et s'abandonner

monter et se donner

ouvrir ses mains et son âme

caresser les ailes des anges

effleurer les fragments de soleil

entre micas et lames granitiques

pierrier et montagne secrète,

mère porteuse de secrets et de magie

naissance de la lumière à même la roche

et le diamant

de ton regard posé vers la croix de bois

lambeaux de neige colorée

myrtillers et touffes de genièvre

là tout paraît plus simple

il suffit de devenir transparent comme l'eau

de se laisser glisser dans les failles

et les blessures du pierrier

de devenir étincelle minérale

au milieu du jour vivant

reptile immobile

vipère silencieuse

en phase de digestion

lovée dans la tiédeur de la pierraille

sereine pour toujours.

 

 

 

******************************************************************************************

 

 

 

La prairie magique

 

 

 

L'eau blanche

 

glisse dans les herbes hautes

 

les sauterelles et les grillons

 

tranchent l'espace

 

de fines ailes transparentes

 

centaurées et trolles dorés

 

rythment la prairie

 

qui se lit

 

comme un grand foulard ondoyant

 

 

 

je pose mes mains sur le pré

 

je sens battre le coeur de l'après-midi

 

ma peau tiédit et vibre

 

de mille frissons

 

les sens sont pris d'un vertige lancinant

 

je deviens souffle léger

 

brise brumisante

 

eau de lune

 

source sautillante

 

 

 

mon corps est traversé

 

de galeries profondes

 

où vivent les images des êtres chers

 

 

 

je suis passé dans les racines des gentianes

 

ai rejoint les courants telluriques

 

les roches sédiementaires

 

tout près des noyaux brûlants de la terre

 

suis devenu lave mystérieuse

 

 

 

*******************************************************************

 

Mitan

 

Le vent sur la dune

 

le soleil dans tes yeux

 

l'eau du fleuve

 

qui s'écoule

 

la rotation des heures

 

il fait clair

 

au mitan du jour

 

*****************************************************

 

 

 

Village de montagne

 

 

 

 

 

Dans le creux des racines nues

 

se glissent

 

la flexion du temps

 

la fluidité de l'eau claire

 

la transparence

 

de ton regard

 

 

 

Je mange le ciel

 

et ses ardoises schistées

 

à pleines dents

 

 

 

Imagerie biblique

 

pauvreté rurale

 

le pays est rude

 

le climat aride

 

les habitants réservés

 

 

 

Dans les rythmes des madriers

 

l'architecture des raccards

 

la musique des toitures

 

s'égrène une prière

 

qui monte silencieuse

 

au-dessus

 

des fumées bleues

 

celles qui s'extraient

 

des cheminées

 

faites de pierre sèche

 

 

 

Une odeur de sapin brûlé

 

envahit les ruelles

 

du village

 

 

 

le temps s'en vient

 

les souvenirs se délitent

 

humus de lichens

 

et liqueur de genévrier

 

le vin du glacier frémit

 

les chansons

 

du petit matin

 

dansent au centre de la cave voûtée

 

la brise vagabonde

 

transporte par-delà

 

la colline déserte

 

nos gestes épouvantails

 

 

 

fin de soirée

 

 

 

***************************************************

 

 

 

 

 

Lumière forestière

 

 

 

La libellule fragile

 

son vol léger

 

sur l'étang endormi

 

 

 

les bourgeons de sapin

 

leur parfum sauvage

 

dans les embruns forestiers

 

 

 

les écorces des mélèzes

 

leurs blessures béantes

 

dans la verticalité du zénith

 

leur sang braisé

 

sur la nostalgie des jours

 

 

 

et la brise

 

fuyante et vagabonde

 

comme une eau du souvenir

 

dans une gorge asséchée

 

par l'absence

 

 

 

**********************************************

 

 

Promenade à la Maretse à Nendaz

 

 

Au bas des éboulis

la dryade et ses pétales blancs

la fraîcheur de la mousse

près de la gouille de limon

les pétasites et les herbes d'eau

 

depuis le bisse de Saxon

jusqu'à la Maretse

le sentier se raidit

il faut sillonner dans la forêt sauvage

entre les branches coupantes des épicéas morts

et la densité d'une sapinière hirsute

les chiens Luna et Caïnou repèrent pour nous

les passages noyés de lichen et d'humus

 

le souffle est court

sur le front

le long des bras

des perles de sueur

le coeur bat  fort

son rythme fait même bouger les fûts des épicéas

les écarte les éclaircit

le corps est imbibé de senteurs boisées

 

il faut monter toujours plus prêt

du pierrier endormi dans la torpeur du zénith

 

les pensées voguent dans le regard

puis lentement

comme des éclairs stridents

découpent le silence installé au centre de l'instant

une roche sédimentaire dans la mémoire de l'espace blanc

dans la clairière

en-dessous des blocs erratiques

des menhirs dressés vers le ciel de marbre

et la vasque végétale où viennent se baigner les cerfs et les chevreuils

 

et puis soudain à la lisière des mélèzes et des arolles parfumés

le pierrier endormi

d'argent et de lueurs divines

 

ascension méditation purification

monter et s'abandonner

monter et se donner

ouvrir ses mains et son âme

caresser les ailes des anges

effleurer les fragments de soleil

entre micas et lames granitiques

pierrier et montagne secrète,

mère porteuse de secrets et de magie

naissance de la lumière à même la roche

 

et le diamant

de ton regard posé vers la croix de bois

lambeaux de neige colorée

myrtillers et touffes de genièvre

 

là tout paraît plus simple

il suffit de devenir transparent comme l'eau

de se laisser glisser dans les failles

et les blessures du pierrier

de devenir étincelle minérale

au milieu du jour vivant

reptile immobile

vipère silencieuse

en phase de digestion

lovée dans la tiédeur de la pierraille

sereine pour toujours.

 

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La prairie magique

 

L'eau blanche

glisse dans les herbes hautes

les sauterelles et les grillons

tranchent l'espace

de fines ailes transparentes

centaurées et trolles dorés

rythment la prairie

qui se lit

comme un grand foulard ondoyant

 

je pose mes mains sur le pré

je sens battre le coeur de l'après-midi

ma peau tiédit et vibre

de mille frissons

les sens sont pris d'un vertige lancinant

je deviens souffle léger

brise brumisante

eau de lune

source sautillante

 

mon corps est traversé

de galeries profondes

où vivent les images des êtres chers

 

je suis passé dans les racines des gentianes

ai rejoint les courants telluriques

les roches sédiementaires

tout près des noyaux brûlants de la terre

suis devenu lave mystérieuse

 

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Mitan

Le vent sur la dune

le soleil dans tes yeux

l'eau du fleuve

qui s'écoule

la rotation des heures

il fait clair

au mitan du jour

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Village de montagne

 

 

Dans le creux des racines nues

se glissent

la flexion du temps

la fluidité de l'eau claire

la transparence

de ton regard

 

Je mange le ciel

et ses ardoises schistées

à pleines dents

 

Imagerie biblique

pauvreté rurale

le pays est rude

le climat aride

les habitants réservés

 

Dans les rythmes des madriers

l'architecture des raccards

la musique des toitures

s'égrène une prière

qui monte silencieuse

au-dessus

des fumées bleues

celles qui s'extraient

des cheminées

faites de pierre sèche

 

Une odeur de sapin brûlé

envahit les ruelles

du village

 

le temps s'en vient

les souvenirs se délitent

humus de lichens

et liqueur de genévrier

le vin du glacier frémit

les chansons

du petit matin

dansent au centre de la cave voûtée

la brise vagabonde

transporte par-delà

la colline déserte

nos gestes épouvantails

 

fin de soirée

 

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Lumière forestière

 

La libellule fragile

son vol léger

sur l'étang endormi

 

les bourgeons de sapin

leur parfum sauvage

dans les embruns forestiers

 

les écorces des mélèzes

leurs blessures béantes

dans la verticalité du zénith

leur sang braisé

sur la nostalgie des jours

 

et la brise

fuyante et vagabonde

comme une eau du souvenir

dans une gorge asséchée

par l'absence

 

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19:27 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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