26/08/2012

Automne brun

Pavage de galets en granit bleu

murailles de pierres sèches

le sentier court et longe le pré jaune

la corneille fouaille les labours

l'alouette et le traquet moteux

visitent les sous-bois

parterre de feuilles biscuitées

le vent râcle la lande automnale

avant de prendre le large

vers les espaces nus

d'un impossible hiver

 

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Pouta Fontana, marche lente

L'étang argenté, ses roseaux égarés et solitaires pris dans le givre de février,
la corneille sur la branche noire et nue,
je marche lentement,
dans les sentiers désertés proches de la réserve de Pouta Fontana près de Granges,
le ciel est bas,
des fagots de branches lumineuses retiennent les assauts d'un soleil qui s'est fait rare,
un canal vert émeraude souligne la géométrie et le mouvement des broussailes dans la brise.
Chapelet de prières dans les branches qui s'égouttent,
traces de colverts qui semblent s'être perdus,
l'instant se découpe en fragments minces et fragiles,
il faut s'arrêter de respirer

17:18 Publié dans Culture, poésie, Région | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

24/08/2012

Correspondance Rilke-Saint-Hélier

Rainer Maria Rilke, Monique Saint-Hélier, deux êtres de souffrance, de douleur, d’angoisse, pour qui la peur mais aussi la mort rédemptrice peuvent représenter un pôle positif:«J’ai tant à vous dire qu’un seul jour n’y suffira pas», Correspondance 1923-1926, vient de paraître aux éditions Zoé.

Un échange épistolaire entre un poète,Rilke, qui est peut-être l’un des plus grands de langue allemande et une romancière suisse romande de grande qualité; une rencontre entre deux artistes très sensibles, chez qui la souffrance physique a peut-être exacerbé la finesse et la délicatesse de leurs écritures.

Ce sera en juillet 1923 qu’ils feront connaissance, dans un bal où les deux se retrouveront , à l’écart des danseurs et apprendront à partager leurs impressions. Une première rencontre significative qui mettra en exergue leurs différences et comme le dit l’éditeur: «tout les sépare, sauf leur commune fragilité physique.» Deux mois plus tard Rilke prendra l’initiative d’une correspondance qui durera jusqu’à sa mort , en 1926.

«Au fil de leur échange épistolaire, chaque correspondant retrouve en l’autre l’écho de ses angoisses et de son mal de vivre. Lui-même, malade, Rilke interprète la souffrance corporelle comme l’expression d’une élection; en donnant un sens à la dégradation physique de sa confidente, il contribuera fortement à l’éclosion du talent d’une romancière qui figurera parmi les personnalités littéraires en vue des années 1930». Il faut savoir que Monique Saint-Hélier a également une aura qui dépasse la Suisse romande ayant vécu à Paris dans les années 1920 et fait de s connaissances dans le milieu littéraire. Elle fut très reconnaissante à Rilke de l’avoir introduite dans un univers de création et de partage, d’émotion et d’écriture condensée. Rilke lui est un grand voyageur qui a sillonné l’Europe; il a écrit en allemand mais aussi en français,s es dernières œuvres ont été rédigées dans la langue de Molière en Valais. Ses textes sont d’un grand dépouillement, d’une concentration, d’une pureté, d’une lumière particulière. Dans ces échanges épistolaires on peut pénétrer cette écriture si dense, inquiète, essentielle

«Rilke-Monique Saint-Hélier: correspondance 1923-1926» Editions Zoé, Genève.

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