21/05/2011

Tiédeur au bisse de Varone

  • La pinède crépite dans la tiédeur de l'après-midi
  • l'eau file
  • tendre et discrète dans le limon du bisse
  • sur la litère chamoisée  et grillagée
  • les ombres et les torsions
  • des branchages aériens
  • mon corps et mon âme
  • fusionnent dans les bulles de chaleur
  • je te regarde avancer
  • silhouette fragile
  • un ange dans l'après-midi effilée
  • les promeneurs abandonnent eux 
  • quelques paroles
  • le silence tisse des nappes de lumières
  • qui volent dans les airs
  • terre et ciel se sont mêlés

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20/05/2011

Fragments d'éternité

Le loriot sur la branche nue du cerisier, le geai bavard qui traverse l’espace, les prés en fauche, le cœur battant du val dans la brume, il vente des paroles simples, dépouillées, des fragments d’éternité.
Tout près du chemin, le taillis d’herbes brûlées, l’églantier qui a résisté à l’orage du soir d’avant, les pousses de sorbier qui étendent leur territoire, et les cadavres de grillons abandonnés par la chaleur.
Regards tremblants, le paysage devient une grande boulange de mie blanche et de croûtes dorées par des soleils imaginaires...

Le rouge de l'aubépine rejoint mon sang vitreux, le vert de la fougère apaise ma respiration, je traverse le sentier comme le jour simple, par la porte du chalet l'haleine des étreintes invisibles.

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"Tsanpé" imaginaire (Savièse)

Il neige sur le printemps,
des muguets, des jonquilles, des narcisses,
des brassées de bruyères mauves d'un automne à venir,
il souffle sur la lande,
des ondées de mains blanches et fines
qui volent comme pétales transparents.
Des voix légères emplissent l'espace des vertes prairies,
sur les eaux lustrées de ce lac à mi-coteau des ridules captent les lumières fuyantes du zénith,
les marcheurs suivent les méandres du bisse,
 plongent dans les arcades formées par les noisetiers et les vernes ,
 l'humus étouffe nos pas,
le soleil filtre à traverrs les branches sur lesquelles naissent les feuilles printanières,
pas à pas redécouvrir le monde nouveau,
celui des constructions mentales,
 au-delà des immobilités et des solitudes hivernales,
 envelopper dans le regard les forêts sauvages
qui nous regardent, juste en dessous des alpages,
où il fait bon s'enivrer de senteurs de mélèzes,
de génévriers, d'épicéas,
 plonger les mains dans les lambeaux de lichens qui courent sur les écorces,
et puis écouter les prières,
le silence intérieur qui rejoint les vitraux d'un ciel fragmenté,
et se laisser glisser ,
 lentement, dans les eaux tièdes de l'après-midi solaire.

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