22/11/2009

Bisse de Clavoz



Murs de vigne accrochés au ciel,
géométries brisées de vents et pierres chaudes,
sur le bisse des liserons et des valérianes,
le pas métronome du promeur de l’après-midi.

Le regard suit la vallée du Rhône,
plonge dans la poussière qui flotte au niveau des collines de Tourbillon ou
du Chateau de la Soie,
se laisse porter par les airs tièdes de septembre,
des lumières filtrantes et rasantes qui découpent le relief.

Les gens défilent, les propos volatiles se perdent dans les danses des choucas,
tourbillons de rayons mielleux emplissant le berceau
qui encorbelle le fleuve.

Le temps s’émiette, poignée de micas lancés à même l’insondable,
dans la violence des moments faibles du quotidien,
ceux qui se révèlent indispensables à la survie.

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Paroles de vent

La patience du vent dans l’herbe jaunie, le rythme des vagues
sur la berge endormie, la parole paysage au centre de mon être, et le
souffle autour duquel je m’enroule, autour duquel je grimpe vers ce point
blanc dans le ciel, ce souffle si fragile et si ténu, si fin et si puissant,
qui navigue sur cette tension tremblante entre obscurité et clarté.

Respirer profondément, chercher sous les gravats des pépites de givre et de lumière,
des parcelles de toi, qui s’enflamment sous les braises orangées.

Et puis cette terre noire au creux des mains et ses souvenirs, celle qui nous a vu
naître et nous verra mourir, qui nous fera sienne, dans le coeur de ses
volcans et des laves fuyantes, terre de feu, terre de sang, de contractions
et de souffrances, de peurs enveloppées de cendres.

Parole de vent, d’air et de transparence, parole de mica argenté, le soir se pose en moi, comme
pollen sur l’humus.

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14/11/2009

Métailler, regard furtif

Craquèlement lumineux dans la montagne, sur l'arête neigeuse mûrissent les vents du désert, les chamois grimpent péniblement sur la vire granitique, les lagopèdes sont blottis sous les branches de l'arolle, une aquarelle fluide où coulent les eaux vertes de l'éternité...

Sur les champs de lavande qui courent dans le ciel, des ondoiements de foulards bleus, des prières qui portent nos regards au-delà de nous-mêmes, des charrois de lumière, des envols de gerfauts...

Et puis ta voix comme un souffle jusqu'à l'horizon blanc...

 

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