24/08/2012

Correspondance Rilke-Saint-Hélier

Rainer Maria Rilke, Monique Saint-Hélier, deux êtres de souffrance, de douleur, d’angoisse, pour qui la peur mais aussi la mort rédemptrice peuvent représenter un pôle positif:«J’ai tant à vous dire qu’un seul jour n’y suffira pas», Correspondance 1923-1926, vient de paraître aux éditions Zoé.

Un échange épistolaire entre un poète,Rilke, qui est peut-être l’un des plus grands de langue allemande et une romancière suisse romande de grande qualité; une rencontre entre deux artistes très sensibles, chez qui la souffrance physique a peut-être exacerbé la finesse et la délicatesse de leurs écritures.

Ce sera en juillet 1923 qu’ils feront connaissance, dans un bal où les deux se retrouveront , à l’écart des danseurs et apprendront à partager leurs impressions. Une première rencontre significative qui mettra en exergue leurs différences et comme le dit l’éditeur: «tout les sépare, sauf leur commune fragilité physique.» Deux mois plus tard Rilke prendra l’initiative d’une correspondance qui durera jusqu’à sa mort , en 1926.

«Au fil de leur échange épistolaire, chaque correspondant retrouve en l’autre l’écho de ses angoisses et de son mal de vivre. Lui-même, malade, Rilke interprète la souffrance corporelle comme l’expression d’une élection; en donnant un sens à la dégradation physique de sa confidente, il contribuera fortement à l’éclosion du talent d’une romancière qui figurera parmi les personnalités littéraires en vue des années 1930». Il faut savoir que Monique Saint-Hélier a également une aura qui dépasse la Suisse romande ayant vécu à Paris dans les années 1920 et fait de s connaissances dans le milieu littéraire. Elle fut très reconnaissante à Rilke de l’avoir introduite dans un univers de création et de partage, d’émotion et d’écriture condensée. Rilke lui est un grand voyageur qui a sillonné l’Europe; il a écrit en allemand mais aussi en français,s es dernières œuvres ont été rédigées dans la langue de Molière en Valais. Ses textes sont d’un grand dépouillement, d’une concentration, d’une pureté, d’une lumière particulière. Dans ces échanges épistolaires on peut pénétrer cette écriture si dense, inquiète, essentielle

«Rilke-Monique Saint-Hélier: correspondance 1923-1926» Editions Zoé, Genève.

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Printze sauvage à Nendaz

 

La Printze écume

les tourbillons retiennent

la clarté du ciel dans leurs chevelures folles

les aulnes segmentent l'horizon

respiration sourde de la mousse

près du rocher humide

sur le visage de la rivière

des éclats de vitrail

mes doigts plongent

dans la lumière des frondaisons sauvages

une prière monte aux lèvres

celles des eaux primales

qui ont traversé la nuit

pour ouvrir nos yeux

Sous les pierres noires

les farios et leurs ventres argentés

les courants lumineux

qui m'aveuglent

les lianes fuayantes

qui me conduisent jusqu'à la mer

le vert tendre d'une brise magique

déposée au fond des eaux

les ondulations vineuses

qui me font rejoindre l'horizon

 

 

 

 

 

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Pré de février

 

Le corps du prunier

noir dans la vierge prairie

le givre matinal

l'herbe fauve

comme un îlot silencieux

qui danse

entre hiver et printemps

un vol de moineaux

une poignée de cris frêles

au creux de mes mains

le ciel d'anémone

les pages de soie feutrée

¨dans tes yeux et sur ta peau

tout près de moi

je passe

un souffle sur les branches de mélèze

la clairière s'illumine

un premier matin du monde

 

 

 

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